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CIPRIANO DE RORE

Portrait of the artist as a starved dog


I.
01 L'ineffabil bontà del Redentore
02 Queste non son più lagrime (Philippe Verdelot)
03 Non son io che pai' in viso (Guillaume Morlaye)
04 Era il bel viso suo qual'esser suole
05 Convien ch'ovunque sempre cortese
06 Come la notte ogni fiammella è viva
07 Alcun non puo saper da chi sia amato

II.
08 L'inconstantia che seco han
09 La giustitia immortale
10 O morte eterno fin

III.
11 Se ben il duol
12 Mia benigna fortuna
13 Beato mi direi
14 Poi che m'invita Amore
15 Dissimulare etiam sperasti
16 Se come il biondo crin de la mia Filli
17 Mentre, lumi maggior

directed by Björn Schmelzer
Voices: Anne-Kathryn Olsen, Razek-François Bitar, Albert Riera, Marius Peterson, Adrian Sîrbu, Tomàs Maxé
Lluis Coll i Trulls (cornett), Floris De Rycker (ceterone, lute & guitar) Recorded in Beaufays (Eglise Saint-Jean L'évangeliste) on 22-25 June 2016
Engineered by Alexandre Fostier
Recording assistance: Joachim Brackx
Editing: Alexandre Fostier and Björn Schmelzer
cypriotvespers













Y Bizarre! Vous avez dit bizarre?
Björn Schmelzer et son ensemble Graindelavoix nous avaient séduits récemment dans un étonnant Requiem d'Orazio Vecchi qu'ils interprétaient selon des choix esthétiques étonnants mais à notre sens pertinents... une fois le premier moment de surprise passé! Il récidive aujourd'hui avec un autre grand maître méconnu et, ici encore, il nous ménage bien des étonnements, pour ne pas dire plus, à commencer par le titre, étrange, qu'il donne à son album: Portrait de l'artiste en chien affamé. Que signifie-t-il? L'explication qu'en donne le maître d'oeuvre se base sur une comparaison et une citation du savant ésotériste Agrippa von Nettesheim. Il fait le lien entre un portrait du compositeur peint par Hans Mielich en 1559 et la célèbre gravure de Dürer intitulée Melancholia, où le regard de l'ange semble ramener à celui de notre homme. A côté de cet ange figure un chien recroquevillé sur lui-même. La combinaison du regard de l'ange et des traits de l'animal, lequel représente, je cite, « les sens corporels, affamés et sous un contrôle sévère dans le premier stage d'inspiration où l'inactivité ne représente pas un échec mais une vision intérieure intense », résulterait en un « portrait physionomique de l'artiste divin et de sa folie contrôlée ». Il met ensuite en rapport l'impression donnée par ce portrait avec la figure de Michel-ange, autre exemple de « nouveau type de divinité » sur lequel l'auteur s'étend sur plusieurs paragraphes. La première partie du programme met en musique l'épopée de l'Arioste, le fameux Orlando furioso, à laquelle sont conviés d'autres artistes qui ont abordé le même sujet: Philippe Verdelot et Guillaume Morlaye. Un des propos de Schmelzer y est de souligner la cohabitation, au sein d'une même pièce, d'un aspect populaire et d'un climat chevaleresque. La deuxième partie du disque, beaucoup plus courte, montre la capacité de de Rore à écrire en dramaturge, en particulier pour accompagner des tragédies ferraraises telle que Selene de Giambattista Giraldi. Enfin, la troisième est toute entière consacrée à des madrigaux de la maturité, en même temps qu'à ses pages plus célèbres. Ce dernier volet est de loin le plus saisissant: l'impact émotionnel est durable; les accents, parfois proches du hurlement, plongent l'auditeur dans une sorte d'effroi, un effroi renforcé, entre autres par des modulations modales et des chromatismes à faire dresser les cheveux sur la tête! D'aucuns trouveront cette musique parfaitement sinistre et on ne pourra leur donner tort. A notre corps défendant, il nous faut avouer qu'elle fascine. Fascination morbide? Peut-être. En tout cas, elle semble tutoyer la mort et son mystère comme peu de compositeurs avant ou après lui. Curieux personnage que ce Cyprien de Rore, en effet! Le souvenir de Gesualdo, même si l'époque (il est né quelques mois après la mort de de Rore) et le style sont bien différents, vient naturellement à l'esprit mais, à l'écoute de ce disque, l'art du prince de Venosa, par comparaison, paraîtrait presque mondain. Schmelzer parle, dans son texte de présentation, de « folie expressive », d'« instablité névrotique », de scènes finissant en « crises de démence » ou empreintes de « frénésie libidinale »: vous voilà donc prévenus! Il est quasiment impossible de juger un tel disque, nouvel ovni de l'ensemble Graindelavoix. On voudrait qualifier le traitement d'une telle musique de caricature outrancière, d'exagération hors sujet. Mais est-ce bien le cas? Les compositions, en dehors même des effets apportés par les interprètes, sont à ce point étranges, inhabituelles, qu'on ne voit guère d'argument à opposer avec objectivité à une telle lecture. Son 10 - Livret 8 - Répertoire 10 - Interprétation 10
Bernard Postiau (Crescendo Magazine, April 2018)

Y DISQUE DE L'HIVER
Les enregistrements de l’ensemble belge Graindelavoix sont toujours des événements artistiques de premier ordre. Ce chroniqueur prend un grand plaisir à les souligner à chaque sortie. Après de superbes albums sur le Requiem de d’Orazio Vecchi (pour les funérailles de Rubens) et la Messe de Notre Dame de Machaut, c’est le tour des madrigaux de Cipriano de Rore. Les versions de Grandelavoix s’inscrivent dans la tradition des formes simples qui selon Luigi Zenobi : "l’interprète doit savoir chanter l’œuvre dans sa forme simple c’est-à-dire, sans aucun passaggio, mais seulement avec grâce, et trille, tremolo, ondeggiamento, et esclamatione." Bjorn Schmelzer. Un album indispensable pour comprendre et apprécier un compositeur essentiel de la renaissance. Une opportunité aussi pour découvrir l’art subtile et magique de cet ensemble belge de premier ordre que chaque enregistrement se veut une découverte artistique de premier plan. Philippe Adelfang (quoideneufchezmoi.blogspot, February 2018)

Y TOCCATA CD-TIPP
Cipriano de Rore und der ausgehungerte Hund
Einer der kostbarsten Schätze der Bayerischen Staatsbibliothek in München ist das Prachtchorbuch Herzog Albrechts V. (1528-1579) aus dem Jahr 1559 mit Motetten von Cipriano de Rore (1516-1573) prachtvoll illuminiert hatte. Nach der Digitalisierung ist es seit 2015 online abrufbar. Das Chorbuch wurde für die Schatzkammer des Hauses Wittelsbach angefertigt und enthält 26 vier- bis achtstimmige Motetten des niederländischen Komponisten. Und auf der letzten Seite des Prachtcodex‘ ist Cipriano de Rore gar selbst abgebildet: Ein älterer Herr mit wasserblauen Augen und hohen Geheimratsecken, nach der Mode der Zeit in hohen Geheimratsecken, nach der Mode der Zeit in schwarz gewandet, grau der Schnurrbart, der ebenfalls graue Kinnbart schon sehr schütter.
De Rore, im flämischen Ronse geboren, entstammt einer wohlhabenden Familie mit eigenem Wappen: zwei gekreuzte Sensen vor einem Oval. De Rore benutztes es zum Versiegeln seiner Briefe und es ziert auch seinen Gedenkstein in der Kathedrale von Parma. Dort in Diensten des Herzogs verstarb er, der unglückliche Reisende, der letztendlich in seinem Streben nach Höherem gescheiterte Musiker, der erst ab 1560 irgendwie biographisch fassbar wird. Eventuell gehörte er zum Gefolge der Statthalterin der Niederlande Margarethe von Parma, die sich nachweislich ab 1533 in Venedig aufhielt. Einige sehen in als Sänger an San Marco im 1540, Belege dafür fehlen. Andere sehen ihn als Schüler Willaerts, ebenfalls ohne Beweise dafür. Einige Briefe legen nahe, dass sich de Rore 1542-45 in Brescia aufhielt, eventuell gelegentlich nach Venedig reiste. Allerdings schien er schon in dieser Zeit einen ungeheuren Ruf gehabt zu haben.
1546 wird de Rore maestro di cappella am Hof von Ferrara und arbeitet dort zwölf Jahre lang für den Herzog Ercole II. D’Este. Mit Erlaubnis des Herzogs reiste er im März 1558 besorgt zu seiner Familie ins calvinistische Ronse und machte kurz in München Station, um zusammen mit Mielich am Prachtband zu arbeiten; im Dezember 1558 kehrte de Rore nach Ferrara zurück. Im Juli 1559 eilte er erneut nach Ronse und fand dort seine Familie völlig verarmt und mittellos in der zerstörten Stadt als Opfer des Großbrandes vom 21. Juli vor. Zurück in Ferrara hatte er in der Zwischenzeit den Brotherrn und seine Stellung verloren, wurde halbherzig weitergereiht: Brüssel, Parma, 1563 Venedig (als Nachfolger des verstorbenen maestro di cappella Adrian Willaert an San Marco). Als dort die Kappele geteilt wurde und vernünftiges Arbeiten in diesem Chaos nicht mehr möglich war, schmiss de Rore alles hin und kehrte 1564 in den herzoglichen Dienst ins Parma der Farnese zurück, wo er schießlich verstarb.)
17 Madrigale Cipriano de Rores hat nun das belgische Ensemble Graindelavoix unter Björn Schmelzer bei Glossa aufgenommen. Dieses Ensemble ragt seit seiner Gründung im Jahr 1999 wegen seiner Eigenwilligkeit aus der A-Capella-Ensemble-Szene hervor. Beharrlich, unbeirrt und konsequent bleibt Björn Schmelzer seinem Credo treu: Eigenwillige und –ständige Stimmtimbres, scharf, akzentuiert, mit Mut zur Hässlichkeit, bisweilen bis kurz vor die Dissonanz ausgereizt, kernig, jederzeit aus dem Gesamtklang identifizierbar, selbstbewusst, jedoch ausgesprochen teamfähig… Eine Quadratur des Kreises, sagen Sie? Mitnichten. Das Experiment ist längst aus diesem Stadium hinaus! Björn Schmelzer macht sich so seine Gedanken, denen man nur sehr konzentriert folgen kann. Man muss sich auf diese, seine Gedankenwelt einlassen, dann wird alles verständlich. Der ausgehungerte Hund im Untertitel der CD „Cipriano de Rore – Portrait of the Artist as a starved Dog“ ist dafür eine Metapher. Obwohl es hier vordergründig um die Interpretation höchst artifizielle Motetten eines ganz Großen der Renaissancemusik geht, vertieft sich Schmelzer in das Portrait des Komponisten im Mielichschen Prachtband. De Rore Züge gleichen hier dem hungernden Hund aus Dürers „Melancolia I“, der für das Ausgehungertsein des schöpferischen Künstlers zum Zeitpunkt seines expressivsten Schaffens steht. „A Hund“ ist im Bayerischen immerhin ein hohes Kompliment!
Cipriano de Rore fordert viel von seinen Sängerinnen und Sängern, Björn Schmelzer ebenfalls. Das Produkt ist in seiner Radikalität und – Achtung – Schönheit (!) beeindruckend. Denn alles fügt sich letztendlich harmonisch und schön. Auch diese Einspielung fordert des Hörers gesamte Aufmerksamkeit. Und das ist auch gut so!
Robert Strobl (Toccata Magazine, January 2018)

Y Cipriano de Rore was een van de vele Zuid-Nederlanders die in Italië werkten. Zijn achternaam is een veritalianisering van zijn geboorteplaats Ronse, gelegen tussen Gent en Doornik. De Rore was een belangrijke schakel in de ontwikkeling van het madrigaal in de zestiende eeuw, hij werd door niemand minder dan Claudio Monteverdi als de ‘vader van de muziek’ beschouwd. In ieder muziekgeschiedenisboek wordt De Rore genoemd, maar zijn madrigalen horen we zelden. En dat is eigenlijk jammer. Graindelavoix maakte voor een nieuwe cd, prachtig vormgegeven zoals altijd bij dit ensemble, een selectie uit De Rores madrigalen. Dit ensemble doet het altijd net even anders dan anderen, dat valt bij iedere nieuwe cd weer op. Door de zang niet strak te houden en door instrumenten te gebruiken laat Graindelavoix duidelijk horen hoezeer De Rore eigenlijk al vooruitwees naar de barok van Monteverdi. Voor wie houdt van messcherpe samenzang is dat even wennen. De korrel op de stem waaraan dit ensemble zijn naam ontleent is ook op deze cd onmiskenbaar aanwezig. Dat werkt geweldig in combinatie met Cipriano de Rores soms grillige en voor zijn tijd uiterst vooruitstrevende harmoniek. Alweer een bijzondere cd van Graindelavoix. Marcel Bijlo (Klassieke Zaken, June 2017)

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Y DISCO EXCEPCIONAL
Cipriano de Rore, retrato del artista como un perro muerto de hambre. Esta es la rúbrica bajo la que ‘sucede’ la nueva entrega del grupo belga, que no podía ser convencional, por supuesto. Rosa Tendero, autora del diseño de la carpeta, ha hecho un trabajo que merece la pena resaltarlo, pues ha entendido perfectamente el contenido de lo que ilustra. El disco se dedica a los madrigales de Cipriano de Rore (c. 1515-1565), material que ya de por sí justifica su interés, pero se acrecienta por el plusvalor de la propuesta. En esta época que vivimos de plataformas y pistas digitales de consumo musical, las interpretaciones de Graindelavoix se desaprovechan solo con su escucha. La música, una expresión cultural, y por tanto contextual, no agota sus posibilidades con solo oírla, y este grupo insiste en recordarlo en cada nuevo disco. Es legítimo que no todo el público quiera ser así de exigente, pero es de justicia recordar que estos “derroches de programa” son un regalo que diferencia a unos grupos de otros, y también entre aficionados, más o menos exigentes.
De Rore fue músico viajero de origen flamenco que hizo carrera en mil y un sitios de Italia (Nápoles, Brescia, Venecia, Ferrara, Parma...) y Bélgica. Su producción fue inmensa (en el campo madrigalístico, nada menos que diez libros), y su influencia, acorde a su facilidad para escribir. Todos los madrigales interpretados aquí son italianos y profanos. Schmelzer es un caso de músico que entiende la música a través del oído y de la vista. Nada de lo que rodea al contexto en que las piezas se interpretaron le es ajeno, y lo mismo se obsesiona con un manuscrito de dibujos (Honnecourt), con un interior eclesiástico llevado a lienzo (el Requiem de Vecchi), que con un grabado, como es el caso, el del propio Cipriano. Sin duda, el belga ha encontrado la horma para su versátil personalidad, atravesada por los Cultural studies: investigador, cantante, director, ensayista... original en todo, atrabiliario, genial.
Dicho esto, la interpretación del Queste non son de Verdelot, a 6 voces (pista 2), disuadirá a los detractores del conjunto irreverente de seguir escuchando. La morosa interpretación, las disonancias, la nasalidad, la marca de la casa, en suma, afianzarán a aquellos y a sus fervientes devotos en las ideas de partida. Es así. Creo, por mi parte, que la escucha de este madrigal es una de estas piezas que te reconcilian con el mundo. En el resto del disco la dosificación de la densidad armónica vocal, fuertemente homofónica, con piezas a solo más instrumento evita la saturación en la escucha.
Seis voces, masculinas excepto la de Anne-Kathryn Olsen, buscan y encuentran ese color tímbrico que le gusta a su director. Graindelavoix está formando una plantilla estable, de la que tanto se benefician los grupos que son capaces de conseguirla. En este caso, un tercio de los componentes son hispanos, con algunos colaboradores ya conocidos (Albert Riera y Tomàs Maxé) y otros nuevos, como el cornetista Lluís Coll i Trulls. Magistral el de Manresa en el diálogo con el sentido contratenor Razek-François Bitar en Non son io che pai’in viso de Morlaye, tristísimo fragmento del Orlando furioso de Ariosto, obra que pone texto a las siete primeras piezas. Participa también en la confección de esta perla el poderoso ceterone del Musée de la Musique parisino (se le dedica un espacio específico en las notas), que acompaña otras de las piezas. Dentro del joyero de interpretaciones no podemos dejar fuera Convien ch’ovunque sua sempre cortese (ya sí, de Rore), con —respuestas en eco— el pastoso timbre de Olsen. Si dispone en su casa de 14 cms. cuadrados libres, este disco debe estar ahí.
Josemi Lorenzo Arribas (Scherzo, March 2018)

Y ALBUM COUP DE COEUR
Dans un enregistrement novateur, le collectif Graindelavoix s’attaque aux madrigaux de Cipriano de Rore et décrasse le genre pour lui rendre toute sa vigoureuse éloquence.
« Portrait of the artist as a starved dog », le dernier enregistrement de Graindelavoix est un manifeste pour la liberté de l’interprétation. Pour traduire sa lecture, Schmelzer part d’un portrait de Cipriano de Rore (1), compositeur de madrigaux du XVIe siècle, estimant qu’on ne peut séparer la vie de l’artiste de sa musique. On y voit un homme posé mais dont le fond du regard traduit une certaine démence. En parallèle, le tableau « Melancolia » de Dürer (2). Y est représenté entre mille objets un chien squelettique aux côtés d’un ange visiblement excédé et furieux, dans la même veine que le premier protrait. Schmelzer voit dans cette frénésie non la dépression bilieuse du séraphin mais bien la figure d’un état de folie. Le chien cadavérique allongé à côté de lui traduit justement l’intensité de la pensée de l’ange qui conduit à une ascèse violente du corps. L’esprit puissamment occupé pressure le physique.
« Le portrait exprime la transe intérieure, inspirée, du compositeur et de son art ». C’est cette transe qu’exprime l’œuvre de Rore. Pour Björn Schmelzer, le compositeur transgresse les codes de l’époque pour donner à ces madrigaux toute leur éloquence, ne lésinant pas sur la violence et la passion. Résultat, un enregistrement lumineux dans lequel l’ensemble n’a peur ni de l’emphase, ni de l’excès, caractères qui sont au contraire largement assumés. La seule règle qui semble prévaloir ici est de coller au sens, de le servir avant même la beauté du son ou le raffinement musical. Le tempo, qu’on a trop souvent connu imperturbable dans la musique ancienne, est ici complètement souple au point que l’on navigue en pleine « déclamation à hauteur déterminée », comme disent les anciens, davantage que dans le beau chant.
Un travail délicat de clair-obscur dont la plus belle illustration se trouve peut-être dans le Se ben Il Duol (piste 11) où le pathos pèse de tout son poids mais est contrebalancé aussi tout en finesse par des tourments plus tempérés. Plus qu’une alternance tranchée de dynamiques, on voit ici le chatoiement d’un reflet de lumière ordonner ce jeu d’ombres. Et les ornements de suivre le mouvement. Ils sont des hoquets dans la voix, très naturels au fond chez les émotifs, plus que des parures sophistiquées sorties de quelque manuel de musique ancienne. C’est en définitive des pièces profondément dramatiques que nous font partager Björn Schmelzer et Graindelavoix. En se libérant du corset de bienséance de « l’authenticité », les madrigaux de Rorer font suer et nous prouvent que la musique ancienne a encore de solides arguments à avancer à la tribune des passions.
Edouard Niqueux (Classileaks.com, February 2018)

Y DE RORE IM PORTRÄT
Björn Schmelzer setzt seinen Weg mit Graindelavoix konsequent und unbeirrt fort. Vor allem immer reflektiert und gut begründet. Man weiß eben nicht, wie diese Musik wirklich gesungen wurde. Und Schmelzer kann zeigen, dass es auch so gewesen sein könnte.
Die neue Platte des eigenwilligen belgischen Vokalensembles Graindelavoix bietet ein Programm mit Madrigalen von Cipriano de Rore, unter anderem zeitweilig Kapellmeister an Venedigs Markusdom. De Rore wird im auf den ersten Blick seltsam oder kurios anmutenden Titel der Produktion mit einem ‚Porträt des Künstlers als ausgehungerter Hund‘ gewürdigt. Björn Schmelzer, intellektueller Vorreiter eines anderen Blicks auf die Musik aus Renaissance und Mittelalter und umtriebiger Leiter von Graindelavoix, speist diese Perspektive auf de Rore aus einer vergleichenden Bildbetrachtung: In Albrecht Dürers ‚Melancolia I‘ ist an der Seite einer geflügelten Frau ein ausgemergelter Hund zu sehen, stellvertretend für die körperlichen Sinne, die im Zustand intensiver Inspiration quasi ausgehungert seien und so die Spannkraft hervorbringen, kreativ zu agieren, wahrhaft schöpferisch zu werden. Der bayerische Hofmaler Hans Mielich – jetzt kommt die Verbindung zu de Rore – hat ein Porträt des Komponisten gemalt, das diesen klar mit den Zügen ebenjenes Hundes verschmilzt. Gedanklich ein typischer Schmelzer – im kühnen Gang durchaus nachvollziehbar und schlüssig, aber wie stets auch überintellektuell verrätselt wirkend. Das wird im dreisprachigen, reich bebilderten Booklet von Schmelzer klug kommentiert. Allerdings ist es mit seinen Texten nicht selten so, dass sie im Moment, in dem sie verstanden scheinen, wieder in einem edel verhüllenden Nebel entschwinden.
Jedenfalls betonen die Vokalisten konsequenterweise, wie entschieden de Rore das Madrigal aus seiner früheren Harmlosigkeit riss, um es zu neuen Höhen zu führen – satztechnischen, vor allem expressiven Höhen, hinter die spätere Madrigalkunst nicht mehr zurückkonnte. Mehr noch: Es wird gezeigt, wie selbstbewusst er der aufbrechenden Kompositionskunst jener Zeit den weiteren Weg wies.
SPEZIELL
Graindelavoix ist eine der eigenwilligsten, jedenfalls klar identifizierbaren Formationen im Bereich alter und ältester Vokalmusik, programmatisch, aber vor allem sängerisch klar profiliert. Immer wieder auffallend ist die ästhetische und gedankliche Verwandtschaft zum Ensemble Organum, mit dem Marcel Pérès seit Jahrzehnten abseitiges Repertoire durchmisst, zum Beispiel aus spätantiken und frühmittelalterlichen Sphären: Zu hören sind scharfe, nur maßvoll mischfähige Stimmen, ein gleichsam aufgespreizter, unkonzentrierter, faseriger Klang. Oder auch körnig, wenn man auf den Ensemblenamen Bezug nehmen will. Jedenfalls ein Erlebnis, das weit abseits des üblichen hochglanzpolierten Ideals siedelt. Und ein Bild, in das man sich einhören muss. Schmelzer und seine Mitstreiter ordnen – hier, bei de Rores Madrigalen zumal – alles dem expressiven Gehalt unter, Stimmschönheit wird weder individuell noch in der Gruppe angestrebt. Nicht selten wird gar die Grenze zu exaltiertem, freilich tongebundenem Rufen überschritten.
Man könnte annehmen, dass bei so viel Eigenheiten und Eigensinn – auf die üppige und reiche Verzierungspraxis bis hin zu kleinen Glissandi wurde noch nicht hingewiesen – das gesamte Konstrukt ins Schwanken käme. Doch nichts davon: Jeder Abschnitt fügt sich am Ende zu einem mild durchsonnten Schlussakkord, alle Interaktion ist fein ausgehört. Feine Impulse geben die mitgehenden oder die Stimmen abwechselnden Instrumente: Der Zink von Lluis Coll i Trulls und verschiedene Zupfinstrumente wie Ceterone, Laute und Gitarre von Floris de Rycker tragen wesentlich zum überzeugenden Gesamteindruck bei, wirken im Kontext farbig, sind tragfähig auch rein instrumental. Björn Schmelzer setzt seinen Weg mit Graindelavoix konsequent und unbeirrt fort. Vor allem immer reflektiert und gut begründet. Man weiß eben nicht, wie diese Musik wirklich gesungen wurde. Und Schmelzer kann zeigen, dass es auch so gewesen sein könnte. In jedem Fall verlangt es dem anderes gewöhnten Hörer ästhetisch einiges ab. Es wird wie immer Ablehnung geben und uneingeschränkte Zustimmung. Dem Rezensenten nötigt dieses musikalisch-intellektuelle Gesamtkonstrukt Respekt ab: Denn beeindruckend ist es.
Matthias Lange (Klassik.com, December 2017)

Y Björn Schmelzer nam voor het label glossa met zijn superbe ensemble “graindelavoix”, 17 madrigalen op van Cipriano de Rore, één van de toonaangevendste componisten van de 16de eeuw. Cipriano de Rore (ca.1515-1565), afkomstig uit Ronse, was een representatieve vertegenwoordiger van de generatie Nederlandse polyfonisten na Josquin, die in Italië werkten en wier muziek bepalend was voor de ontwikkeling van de muziek van de laat Renaissance. De Rore was bv. tussen 1542 en 1546 in Brescia. Cypriano de Rore was één van de meest vooraanstaande componisten van Italiaanse madrigalen, meer nog, hij was eigenlijk het bekendst voor zijn Italiaanse “madrigali di pianto e furore”.
Na een vermoedelijk verblijf in Venetië in de kring van Willaert werd hij kapelmeester aan het hof van Ercole II d’Este, hertog van Ferrara. Tussen 1560 en 1563 was hij in dienst van Margaretha van Parma in Brussel en van haar echtgenoot Ottaviano Farnese in Parma, en zou vervolgens opvolger geweest zijn van Willaert als kapelmeester van de San Marco in Venetië. Hij was opnieuw in dienst van Farnese in Parma tot zijn overlijden in Parma in september 1565. Waarschijnlijk reisde hij onder de bescherming van Margaretha van Parma, in de eerste helft van de zestiende eeuw, naar Ferrara. Zijn madrigaal “Mentre lumi maggior” zou trouwens naar men aanneemt, een lofzang zijn op Margaretha van Parma en haar echtgenoot Ottaviano Farnese.
Het werk van de grootste Vlaamse Renaissance componist Cipriano de Rore genoot aanzienlijk succes, ook na zijn dood. Sommige van zijn madrigalen zijn te vinden in tientallen versies, en dit tot aan het begin van de zeventiende eeuw. Het madrigaal was in de Renaissance een vier- tot zes stemmige a capella-compositie op een wereldlijke tekst. Na 1550 ontwikkelde het madrigaal zich meer polyfoon en imiterend en was er een toename van chromatiek. Het was de tijd van Willaert, de Rore, Andrea Gabrieli, Orlando di Lasso, de Monte en Palestrina. Na 1580 vindt men in de muziek van Luca Marenzio, Gesualdo en Monteverdi meer de combinatie van het solo-madrigaal en monodie met basso continuo, en lag het accent op chromatiek (cfr. Caccini en de Wert). Als componist van vier- of vijfstemmige madrigalen, behoorde de Rore tot de tweede generatie madrigalisten. Hij schreef canonische technieken zoals imitatie voor, die sterke invloed hadden op Palestrina, Philippus de Monte en Claudio Monteverdi. De titel van de cd verwijst naar de gravure van Albrecht Dürer “Melencolia I” waarop een magere hond en een vrouw met gespannen blik te zien zijn, een treffende gelijkenis met de melancholische muziek vol spanning, balancerend tussen emotionele uitersten, van de Rore, hier schitterend uitgevoerd door Lluis Coll i Trulls (cornet), Floris De Rycker (chitarrone, luit en gitaar) en Graindelavoix. Magnifiek. Niet te missen! (Stretto.be, October 2017)